Association des jeunes médecins du Québec - Pour un meilleur équilibre en médecine

21 décembre 2010 | par Louis Fiset

Montréal, le 21 décembre 2010 - Dans sa lettre du 17 décembre 2010 adressée aux médecins spécialistes et à la population, le Dr Barrette, président de la FMSQ, s'oppose à un rééquilibrage des revenus de pratique entre les médecins de famille et les autres spécialistes.
Or, l'écart de revenus nets atteint maintenant 78% entre la médecine familiale et les autres spécialités. Au-delà du vertige qu'il suscite, il est injustifiable étant donné que le coût d'opportunité des études plus longues à la FMSQ n'explique qu'un écart net de 10% et que les médecins de famille travaillent, selon les dernières données nationales, autant d'heures au service des patients que leurs collègues de la FMSQ. 
Cet écart de revenus provoque des déséquilibres néfastes dans le choix de carrière pour les étudiants en médecine et dans l'allocation des ressources aux patients. D'une part, il n'y a maintenant que 37% des étudiants qui entreprennent une carrière en médecine familiale alors que des effectifs médicaux équilibrés demanderaient une proportion de 60%, comme au milieu des années '80. D'autre part, l'écart de revenus diminue dans les faits le temps que le patient peut passer avec son médecin de famille alors qu'il a plusieurs problèmes de santé à régler avec lui plutôt qu'un seul comme c'est le cas des autres spécialistes.
Conséquemment, l'écart des revenus qui prévaut depuis quelques années est insoutenable pour l'avenir du réseau public de santé du Québec, surtout quand on sait que l'accès continu et en temps voulu au médecin de famille est garant de soins de santé plus efficaces et moins coûteux. En d'autres mots, combler l'écart équivaut à investir plus efficacement, comme c'est le cas en Europe du Nord et au Royaume-Uni.
Lors de la commission Castonguay-Venne, tant des chercheurs émérites tels Brunelle, Lamarche et Pineault que les directeurs de la santé publique du Québec étaient d'accord pour affirmer qu'un rééquilibrage des dépenses en santé en faveur de la première ligne de soins était nécessaire. 
En dévalorisant directement la médecine familiale pour mieux protéger ses intérêts, le Dr Barrette s'attaque en fait à la santé des citoyens et provoque lui-même la division dans la communauté médicale. C'est d'autant plus dommage que les médecins spécialistes sur le terrain sont très conscients de l'apport du médecin de famille pour la santé de leurs patients et du besoin d'arriver à un rééquilibrage de la rémunération des médecins. 
Les jeunes médecins spécialistes et les jeunes médecins de famille se souviennent qu'ils ont été des collègues de classe, puis de stages hospitaliers avant d'être reçus médecins dans leurs spécialités respectives. Nous partageons donc une vision plus respectueuse des compétences, des responsabilités et de la valeur de chacun de nos collègues.
L'avenir de la médecine familiale et la viabilité de notre réseau public à long terme sont en jeu. Le gouvernement et les citoyens doivent en prendre conscience. Est-il trop tard pour le Dr Barrette?
François Pierre Gladu, MD, CMFC
Président de l'AJMQ
(514) 879-9203
www.ajmq.qc.ca

Montréal, le 21 décembre 2010 - Dans sa lettre du 17 décembre 2010 adressée aux médecins spécialistes et à la population, le Dr Barrette, président de la FMSQ, s'oppose à un rééquilibrage des revenus de pratique entre les médecins de famille et les autres spécialistes.

Or, l'écart de revenus nets atteint maintenant 78% entre la médecine familiale et les autres spécialités. Au-delà du vertige qu'il suscite, il est injustifiable étant donné que le coût d'opportunité des études plus longues à la FMSQ n'explique qu'un écart net de 10% et que les médecins de famille travaillent, selon les dernières données nationales, autant d'heures au service des patients que leurs collègues de la FMSQ. 

Cet écart de revenus provoque des déséquilibres néfastes dans le choix de carrière pour les étudiants en médecine et dans l'allocation des ressources aux patients. D'une part, il n'y a maintenant que 37% des étudiants qui entreprennent une carrière en médecine familiale alors que des effectifs médicaux équilibrés demanderaient une proportion de 60%, comme au milieu des années '80. D'autre part, l'écart de revenus diminue dans les faits le temps que le patient peut passer avec son médecin de famille alors qu'il a plusieurs problèmes de santé à régler avec lui plutôt qu'un seul comme c'est le cas des autres spécialistes.

Conséquemment, l'écart des revenus qui prévaut depuis quelques années est insoutenable pour l'avenir du réseau public de santé du Québec, surtout quand on sait que l'accès continu et en temps voulu au médecin de famille est garant de soins de santé plus efficaces et moins coûteux. En d'autres mots, combler l'écart équivaut à investir plus efficacement, comme c'est le cas en Europe du Nord et au Royaume-Uni.

Lors de la commission Castonguay-Venne, tant des chercheurs émérites tels Brunelle, Lamarche et Pineault que les directeurs de la santé publique du Québec étaient d'accord pour affirmer qu'un rééquilibrage des dépenses en santé en faveur de la première ligne de soins était nécessaire. 

En dévalorisant directement la médecine familiale pour mieux protéger ses intérêts, le Dr Barrette s'attaque en fait à la santé des citoyens et provoque lui-même la division dans la communauté médicale. C'est d'autant plus dommage que les médecins spécialistes sur le terrain sont très conscients de l'apport du médecin de famille pour la santé de leurs patients et du besoin d'arriver à un rééquilibrage de la rémunération des médecins. 

Les jeunes médecins spécialistes et les jeunes médecins de famille se souviennent qu'ils ont été des collègues de classe, puis de stages hospitaliers avant d'être reçus médecins dans leurs spécialités respectives. Nous partageons donc une vision plus respectueuse des compétences, des responsabilités et de la valeur de chacun de nos collègues.

L'avenir de la médecine familiale et la viabilité de notre réseau public à long terme sont en jeu. Le gouvernement et les citoyens doivent en prendre conscience. Est-il trop tard pour le Dr Barrette?

François Pierre Gladu, MD, CMFC

Président de l'AJMQ

(514) 879-9203

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